Ivan Rioufol, chroniqueur au Figaro, nous annonce aujourd'hui une bonne nouvelle sur son blog : la nation n'est plus un gros mot. Selon lui, elle est même en train de s'imposer comme une idée
neuve, après avoir été vue comme une régression par les adeptes de l'homme nouveau et de l'universalisme.
De continuer : "ce lundi, dans Le Figaro, l'économiste
Jacques Sapir et l'essayiste
Guy Sorman la remettent à sa juste place, comme j'ai tenté également de la
réhabiliter récemment dans "La fracture identitaire". Sapir: " Je crois que l'on va voir un retour des nations parce que nous sommes face à une crise structurelle. La souveraineté nationale a
encore son rôle à jouer, notamment à travers une forme raisonnable de protectionnisme ". Sorman: "La nation est une partie intégrante de la conception libérale du monde présent (...) Il n'y a pas
d'incompatibilité entre l'identité nationale et la participation aux affaires du monde" .
L'évidence oubliée: le besoin d'identification à une communauté est un phénomène naturel qui touche tous les pays. Ce matin, Richard83 a apporté sur ce blog un document intéressant sur la manière dont des Martiniquais voient, dans l'arrivée des "Français" sur leur île, un risque de "tranfert de population" pouvant
conduire à un "génocide de substitution". En comparaison, il reste risqué de décrire, sur des télévisions métropolitaines, les phénomènes de substitution de populations et de sécession territoriale
qui ont lieu dans certains quartiers ou en Seine-Saint-Denis. S'inquiéter de ces réalités, comme le fait notamment l'exigente et courageuse démographe Michèle Tribalat, vous
condamne généralement au silence médiatique et à l'exil intérieur.
Ce besoin de nation a été identifié par Nicolas Sarkozy durant la campagne. Dés janvier 2007, il décrit la France comme "une nation qui revendique son identité, qui assume son
histoire ". Ce type de discours a contribué à le faire élire. Or, le président ne semble pas vouloir l'approfondir. J'ai déjà souligné ici l'incohérence qu'il y aurait à inscrire le principe de la
diversité, porte ouverte au multiculturalisme, dans le préambule de la Constitution. Mais quand Sarkozy confond, jeudi soir, naturalisation et régularisation, il laisse voir un flou dans les
exigences pour accéder à la nationalité. Idem quand il se félicite de la fécondité en France (deux enfants par femme) en ne pouvant ignorer qu'une partie de ce chiffre (environ 0,2) est dûe
aux femmes venues du tiers-monde. L'adhésion à la nation ne peut se contenter d'une carte de séjour."
par André Barizec
publié dans :
Analyses
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